Comment connaître la vitesse de décrochage ?
A) En consultant le manuel de vol ;
B) en observant son anémomètre ;
C) en faisant des essais de vol à basse vitesse (de préférence avec instructeur à bord) ;
D) toutes les réponses ci-dessus sont exactes.
Nous savons que le décrochage ne dépend pas de la vitesse. Alors pourquoi parle-t-on de « vitesse de décrochage » ? La portance de l’aile, liée à sa forme, est proportionnelle à deux éléments principaux : la vitesse, qui accélère les filets d’air et joue sur les dépressions et surpressions qui nous portent, et l’angle avec lequel l’aile pénètre le vent relatif : l’incidence. Visualisons notre aéronef. En vol en palier stabilisé, la portance résulte pour beaucoup de la vitesse et un peu de l’incidence. En diminuant la vitesse, nous tirons naturellement sur le manche pour maintenir l’altitude. Nous compensons ainsi la perte de « portance vitesse » par de la « portance incidence » (nous augmentons aussi notre traînée, mais bon… restons simples !). Si nous poursuivons, la vitesse diminue toujours, l’incidence augmente encore. Dès que l’incidence maximale est dépassée, les filets d’air sur les ailes se décollent, la portance décroît brutalement. Ne disposant pas de moyen pour mesurer l’incidence de l’avion, nous ne pouvons que constater la vitesse indiquée à laquelle nous décrochons, dite « vitesse de décrochage ». Lorsque les volets (et/ou les becs) sont sortis, le profil de l’aile est modifié (surface et/ou courbure) et la portance est plus importante pour une même vitesse de vol. Nous atteindrons donc notre incidence de décrochage plus tard dans la séquence de décélération, et la vitesse correspondante sera plus faible.
Comment connaître cette vitesse ? En premier lieu, consulter le manuel de vol qui indique des vitesses de décrochage. Il serait plus exact de parler de « vitesse correspondant à l’incidence de décrochage en vol en palier, dans les conditions de masse, altitude, centrage et puissance données ». L’anémomètre nous aide également : le bas de l’arc blanc indique la vitesse de décrochage en configuration atterrissage, tandis que le bas de l’arc vert donne la vitesse de décrochage volets rentrés. Enfin, le meilleur moyen de connaître son aéronef est de faire des exercices de vol lent avec instructeur. Quelques conseils pratiques : maintenez une marge de hauteur importante, assurez la sécurité par rapport aux autres aéronefs, prenez garde à votre centrage et conservez la bille centrée pour ne pas risquer un décrochage dissymétrique et une mise en vrille.